Festival Évasion 2023

affiche festival Évasion 2023

 

Le festival de Thénac a choisi de garder désormais le titre « Festival Évasion ».

L’évasion fait partie, depuis toujours, de la vie des hommes qui ont pratiqué d’incroyables migrations sur la totalité de la planète. Partir, s’échapper, les artistes, écrivains et poètes ont très largement exprimé ce besoin et chacun de nous peut, un jour ou l’autre, s’y reconnaître, « exilé sur le sol » ou doté « d’ailes de géant». Hors, comme il est irrationnel et impossible de partir en arrêtant nos vies, nous allons faire appel à des moyens d’évasion qui vont nous déconnecter de notre quotidien. Le plus souvent, nous ne pouvons pas physiquement nous déplacer mais nous pouvons compter sur « les voyages abstraits ». La lecture, le cinéma, la musique et l’art sous toutes ses formes, vont nous divertir, nous diversifier, nous enrichir, nous faire plaisir, nous ressourcer.

Une belle évasion est celle qui, loin de mettre l’accent sur l’absurdité de notre existence et de faire gonfler nos frustrations, nous offre de meilleurs yeux, une meilleure bouche et de meilleures oreilles pour la savourer. C’est celle qui redonne du prix au quotidien et qui l’enchante.

Le festival de Thénac se donne pour mission de nous offrir ainsi « une belle évasion ».

Il va vous étonner : vous n’oublierez pas les rencontres avec les grands voyageurs qui vont vous amener en Mongolie, en Amazonie, en Colombie ou encore en Indonésie.

Vous admirerez le talent de ceux qui voyagent les crayons à la main. Vous évoquerez le célèbre écrivain Pierre Loti qui fut un voyageur insatiable.

Vous verrez comment un homme aveugle peut voyager partout dans le monde. Vous en apprendrez plus sur les enjeux environnementaux de la sélection des espèces végétales, sur les raisons et les conséquences de la disparition des abeilles. Vous vous laisserez entraîner dans les mondes fragiles et surprenants des écrivains et vous pourrez apprécier le langage universel des contes.

Films, conteurs, artistes ateliers, rencontres littéraires et table ronde, le festival vous offre, un florilège d’occasions de vous évader !

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Publication de la nouvelle gagnante

La nouvelle gagnante

Le jury a choisi la nouvelle gagnante pour cette édition 2022.  .

La gagnante est la nouvelle: « Puis, un jour« , citée 7 fois en première place sur un jury de 10 personnes.

La lauréate se nomme Christelle Gerald – 42 ans.

C’est une charentaise qui habite à la Rochelle.

Les deuxième et troisième sont : « l ‘ado et le bateau livre » et  » la fille unique aux quatre soeurs » .

Les résultats ont été présentés au public lors du festival: le dimanche 10 avril à 11h/11h30 salle Hélène Neveur.

Bravo à tous et en particulier à notre lauréate de notre concours de nouvelles édition 2022 !!!

« Puis, un jour« , de Christelle Gerald

Pour Madame V., avec toute mon affection

Puis, un jour…

Les livres et moi…

C’est une grande histoire d’amour… qui a pourtant mal commencé !

Après plusieurs mois sur les bancs du CP, la magie n’avait pas opéré et le mois de juin arrivé, le verdict était tombé : « Cette enfant ne sait pas lire ! ». Sage petite brune à la frange bien droite et aux grands yeux candides, sensible et rêveuse, où mon esprit avait-il vagabondé ? Je ne saurais répondre. Et ne me demandez pas le nom de la maîtresse, il est aux oubliettes. Ne me demandez pas non plus la méthode de lecture avec son adorable personnage censé donner envie aux enfants, il est passé à la trappe. Je me souviens très bien cependant de la convocation à l’école de mes parents, de la colère de mon père et du désespoir de ma mère. Qu’allait-on faire de moi ?

Le soleil brillait en cette fin d’été, les copines profitaient des derniers jours de vacances mais, pour moi, la rentrée des classes avait été prématurée. Cours de rattrapage ou de la dernière chance, allez savoir, en tout cas, l’heure de la sentence avait sonnée : lire ou mourir (de honte pour mes parents !). Ces derniers m’avaient trouvé une préceptrice, notre voisine, ancienne institutrice. Punition suprême quand on a six ans et l’envie de galoper dans la nature, devoir s’enfermer pour décrypter des hiéroglyphes et se transformer si possible en Champollion. Disciplinée et défaîtiste, je m’abandonnais à mon triste sort.

Madame V. me présenta un vieux livre en noir et blanc avec des paragraphes écrits en gros caractères. Elle l’ouvrit à une page, au hasard, me sembla-t-il à l’époque. En quelques lignes, elle avait convoqué les animaux de la forêt pour m’inviter au voyage dans cette contrée inconnue et dangereuse. Vous rappelez-vous ces lettres qui s’élancent, s’enchaînent, se mêlent, s’amoncellent et vous submergent ? Qui sussurent, murmurent, chuintent et grincent en même temps ? Bref, à chaque fois, littéralement le tsunami, le cataclysme, la fin du monde…

Jusqu’à cet instant où un petit hibou fit entendre un faible hululement : « hou… ». Il me fallut tendre l’oreille, ouvrir les yeux pour le retrouver dans le paragraphe. Il m’attendait sagement.

Le hibou fait « hou… hou… ».

En un coup de baguette magique, suivant cet oiseau de nuit, un sentier se frayait dans la forêt des lettres, elles dansaient et chantaient pour moi seule, chuchotant dans ma tête une courte histoire. Finalement, patiente et confiante, ma « marraine la bonne fée » s’était incarnée en madame V. et m’offrait le plus beau des cadeaux.

Un univers singulier s’ouvrit enfin à moi. Il s’enrichit d’amis de papier qui portaient parfois de drôles de noms : Oui-Oui, le Club des Cinq, Fantômette, Martine, les quatre filles du Docteur March, Cosette. Et tant d’autres. Ils me faisaient vibrer, rire, trembler ! Tout texte était à goûter, à déguster et savourer, voire détester. Je découvris aussi des lieux emplis de trésors qu’on nomme librairie et bibliothèque. Dans le grand livre de ma vie, une page avait été tournée et une nouvelle s’écrivait.

Les années passant, la dévoration se poursuivit. Parfois avec moins de goût quand l’exercice se voulait trop scolaire, Balzac et Zola devenant assommants à force d’être décortiqués. Parfois avec jubilation quand le texte se veut incisif et grinçant, sous la plume de Vian. Parfois avec délectation quand les mots épousent la beauté. Comment transcrire la force évocatrice et la succulence des vers au détour d’une poésie ou d’une tragédie  ? Aragon et Racine se transformaient en chefs d’orchestre, entonnaient une symphonie et me filaient des frissons.

« Mais enfin, lequel, dans cette mer de livres, vous a influencée ? », allez-vous me demander. Patience, on y arrive.

Finalement la lecture m’avait embarquée dans une aventure au long cours, loin.

Elle fut ma boussole dans le grand labyrinthe de la vie, je suivais les méandres qu’elle traçait. 

Bref, la lecture comme un phare dans la nuit…

Puis, un jour, l’urgence de dire, de trouver les mots pour écrire, traduire, sublimer ce qu’on vit.

Dire à l’absent le plus important.

Ne pas y arriver. Par pudeur ou par fierté.

L’histoire pour transformer mon histoire.

Les mots avaient été des compagnons de voyage, ils allaient devenir mes alliés.

Ainsi, telle Alice au pays des merveilles, je basculai de l’autre côté et décidai, à mon tour, d’écrire.

Douloureux exercice. Des mots venaient, se bousculant parfois, des bribes s’inscrivaient, aucun récit n’aboutissait. Les phrases volubiles s’imposaient au silence, les mots justes se cachaient. Vertige de la page blanche à peine noircie. Nul auteur pour venir à mon secours. Colette, Kessel, Neruda, Kerouac et tant d’autres figuraient aux abonnés absents. Ils devaient faire la fête tous ensemble, me laissant seule avec mon mutisme et mon impuissance. Tourment absurde de l’apprentie. Bercée par la poésie de Rimbaud, perdue dans les longueurs de Proust, nourrie du style épuré de Yourcenar, admirative de l’écriture ciselée de Duras, je naviguais dans des eaux troubles où les mots-vagues ne m’obéissaient pas.

C’est à ce moment-là qu’un livre embarqua avec moi. Un passager clandestin, au nom inhabituel et long, s’invita. Il se présenta, poliment, puis, Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part* s’assit tranquillement à mes côtés et, de manière presque tendre, entama un récit. Et un deuxième. Et encore un autre. Car il en recelait plusieurs. Il me narra des histoires emplies de fiertés, de failles, de joies, de peines et d’espoirs, dans ma langue. Portraits des gens d’aujourd’hui, de monsieur et madame tout-le-monde, dans leur singularité, gais, blessés, lucides, courageux, embrouillés, jamais pathétiques, vivants.

Lentement, les paroles de cet inconnu s’insinuèrent en moi, réchauffant mon cœur, parcourant mon corps, fissurant mon carcan, éveillant ma voix. Il n’y a pas d’exercice de style. Nul besoin de s’inspirer, d’imiter, uniquement la nécessité de se séparer. De trouver son identité et sa liberté de ton. J’eus l’impression de venir au monde une seconde fois. Raconter, en quelques pages, l’intensité de la vie, ces instants fascinants où tout bascule. Et suivre simplement le cours de la langue-fleuve. Les conteuses de jadis murmuraient dans ma tête tandis que je reprenais la barre de mon bateau-livre. Mon passager avait débarqué comme il avait embarqué, subrepticement. Il me restait de lui une trace invisible et indélébile. Comment ce voyageur inattendu avait-il pu me libérer ? Une fois de plus, je ne saurais répondre. Je ne peux que le remercier de m’avoir fait naître écrivaine.

* Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part, Anna Gavalda, 1999

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Les deux grandes conférences

Deux grandes conférences émergent dans notre programmation diverse et très riche et le festival est heureux de vous les offrir.

Afin que tout le monde puisse y accéder, les entrées sont libres.

Samedi 9 avril 2022, de 10 h à 12 h, salle Hélène Neveur

Possibilité de petite restauration bio  sur place à L’Escale

Stephane-Dugast
Stéphane Degast

Odyssées Blanches

 Sciences, aventures et explorations.

L’histoire commence en 1947 lorsque l’homme décide d’explorer les dernières terres inconnues. D’intrépides aventuriers français vont multiplier  les expéditions au Groenland et en terre Adélie avec l’ambition de faire progresser les sciences. A force de courage et d’héroïsme ces pionniers vont comprendre les premiers que les glaces sont les gardiennes du climat. Cette page méconnue de l’histoire de l’exploration est totalement éclairante pour notre avenir.

Dimanche 10 avril 2022, de 10 h à 12 h, salle Hélène Neveur

Possibilité de petite restauration bio  sur place à L’Escale

Romain Bertrand

«Par monts et par mots : les Grandes Découvertes, entre histoire et littérature »

L’historien Romain Bertrand s’attaque à l’un des phénomènes majeurs de l’histoire européenne, les Grandes découvertes, et à l’un de leurs héros : Magellan.

Il nous propose ici une relecture du tour du monde de 1519-1522, en nette rupture avec l’imagerie traditionnelle véhiculée par les récits historiques que nous connaissons tous. Un regard neuf et audacieux qui dépasse la vision nationale, voire nationaliste des recherches historiques, pour tenir compte des connexions qui traversent les frontières.

Plusieurs questions sont ainsi posées : L’historien est-il aussi un conteur ? La légende court-elle plus vite que la réalité des archives ? L’érudition historique suffit-elle à raconter l’histoire ? Quel rapport l’histoire peut-elle entretenir avec la littérature.                                               

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LES TERRITOIRES DE LA JEUNESSE

Les territoires de la jeunesse nous permettront comme chaque année de découvrir les auteurs jeunesse, des artistes de l’imaginaire créant leur univers qui emporte petits et plus grands.

Guillaume Reynard

Illustrateur, il exerce pleinement son métier dans des domaines très divers : maisons d’édition (albums jeunesse et romans graphiques) presse quotidienne  et magazines, agences de communication. Partout il dessine : à Paris où il vit, durant ses voyages ou dans son atelier flottant dans le Marais Poitevin !

« Comment on fait ça » Éditions Acte Sud Junior   

Nathalie Pivert  Chalon

Enseignante en lycée et à l’université, elle est très engagée dans la promotion de la lecture et de l’écriture. Elle pilote plusieurs projets d’écriture collaborative, visant à faire écrire les enfants, dans le but de réaliser un livre et de le faire éditer.

 « Castel Villerquin » (4 tomes) Éditions du Panthéon

EdlihtaM

Son enfance est marquée par une vie partagée entre la France et l’Allemagne, les  livres d’art et les découvertes de nouvelles cultures. Très tôt, elle dessine et plusieurs voyages vont profondément inspirer l’originalité de son art. Professeur des  écoles, peintre et auteur de poèmes, elle écrit et dessine pour la littérature jeunesse.

 « Ulanga » Éditions Coelacanthe

Sophie Salleron

Artiste éclectique, elle est conteuse, dessinatrice, poète et écrivain. Après un beau cursus de Lettres modernes et d’Histoire de l’art à Bordeaux, elle intègre l’École internationale du conte à Bruxelles et suit les cours du très célèbre Henri  Gougaud. La mer, les îles et les bouts du monde, comptent parmi ses thèmes de  prédilection. 

« Le Bien-Aimé » Editions La nage de l’ourse

Audrey Magos et Haiko Takahashi

Elle écrit, lui dessine. Leur livre  possède beaucoup de charme et d’originalité. Leur histoire  fait beaucoup appel à l’humour et à  dérision. Lui, possède une solide formation de dessinateur de BD,  elle, aime s’occuper de ceux qui sont en difficulté. Ce premier livre      est une réussite.

   « Le monstrueux monstre effrayant »  Éditions Fleurs Bleues

Marthe Castagneyrol

Artiste et animatrice hors pair, elle sait à merveille motiver les enfants et imaginer  avec eux les jolis chemins de la création artistique.

Noémie Monnier

Éditrice et auteur, fondatrice des Éditions Salmantina et du journal pour enfants BAÎKA. Celui-ci donne la parole aux enfants natifs d’autres pays et qui ont migré vers la France. Leurs paroles et leurs richesses culturelles servent de base à la création du journal.

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