Routes du monde … le retour

Projection-Rencontre des 2 & 3 octobre

DEUX GRANDS FILMS DOCUMENTAIRES 

Le « festival littéraire et artistique » de mars 2020 ayant du être annulé  l’association organisatrice «L’écriture prend le large » a souhaité néanmoins vous faire profiter des deux moments d’exception prévus initialement  à savoir les projections de nos deux grands films .

   Respect des règles sanitaires et obligation du port du masque

Sur réservation uniquement

 

vendredi 2 octobre – 20h 30 – Salle Hélène Neveur- Thénac

 

 

Sur la route légendaire du thé de Michel NOLL

Paysages grandioses, rites ancestraux, passages périlleux,  cette épopée merveilleuse qui unit les hommes et les bêtes durant 4000kms entre le Yunnan en Chine et le Tibet, est un sentier millénaire. Le film suit les empreintes de ces caravanes du thé qui partent de montagnes légendaires pour transporter les galettes si précieuses à travers l’Himalaya. Elles seront ensuite vendues sur le grand marché de Lhassa au Tibet, puis dispersés dans le monde entier.

La route du thé est entrée dans la légende des grandes routes commerciales qui ont construit le monde

 

                                           

en présence  Katia Buffetrille anthropologue, chercheur à l’Ecole des Hautes Etudes, spécialiste du Tibet,  auteure de  » L’âge d’or du Tibet: XVIIe et XVIIIe siècles » Les Belles Lettres, 2019   

 

 

 

 

  • Entrée 8 euros /  4 euros pour enfants – 12 ans
  • Passpour les deux films La Route du thé + Terra des vendredi 2 et samedi 3 octobre 14 euros      
  •  Pass pour les deux films La Route du thé + Terra des vendredi 2 et samedi 3 octobre 12 euros pour les adhérents     
  •  Pass pour les deux films La Route du thé + Terra des vendredi 2 et samedi 3 octobre 6 euros pour les enfants – 12 ans               

RÉSERVATIONS PAR CB UNIQUEMENT (compte tenu des procédures COVID)

 

samedi 3 octobre – 20h 30 – Salle Hélène Neveur- THénac

 

TERRA  de  Yann Arthus BERTRAND

En partenariat avec la Fondation Good Planet

Épaulé par une équipe de cinéastes animaliers du monde entier, le photographe Yann Arthus-Bertrand et le réalisateur Michaël Pitiot mettent en images la formidable épopée du vivant, des premiers lichens aux gigantesques forêts, des singes de la jungle aux grands animaux mythiques de la savane. Ce très beau film sait nous faire voyager sur une planète que l’on connaît mal, mais à qui, nous les humains, nous devons notre existence. 

Ce documentaire visuellement saisissant nous plonge dans les beautés de la biodiversité et montre aux hommes qu’ils sont encore capables de changer le cours de leur avenir.

 Film présenté et commenté par Alain Persuy, scientifique écologue, spécialiste de la biodiversité

RÉSERVATIONS PAR CB UNIQUEMENT (compte tenu des procédures COVID)

  • Entrée 8 euros /  4 euros pour enfants – 12 ans
  • Pass pour les deux films La Route du thé + Terra des vendredi 2 et samedi 3 octobre 14 euros      
  •  Pass pour les deux films La Route du thé + Terra des vendredi 2 et samedi 3 octobre 12 euros pour les adhérents     
  •  Pass pour les deux films La Route du thé + Terra des vendredi 2 et samedi 3 octobre 6 euros pour les enfants – 12 ans               

 

SURPRISE !! avant les deux séances … on nous contera …

 

Nous nous réservons le droit d’annuler l’événement suivant la situation sanitaire aux dates des 2 et 3 octobre et si le nombre de réservations est minime .

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Concours de nouvelles 2021

Concours de nouvelles 2021

Concours nouvelles
Concours nouvelles

L’association « L’Ecriture prend le large » dans le cadre de son 14 ème Festival littéraire et Artistique de THÉNAC (17)    « Itinérances »

qui se déroulera du 26 au 28 mars 2021, organise son neuvième concours de nouvelles .

Ce concours sera ouvert du 1 septembre 2020 au 6 février 2021.

Pour le bon fonctionnement du comité de lecture et du jury, il est souhaitable de ne pas envoyer son texte au dernier moment. Aucun texte ne sera accepté après cette date.

Le concours est ouvert à tous les auteurs francophones âgés de plus de 18 ans résidant en France ou à l’étranger.

Le thème retenu est :

« Itinérances »

A vos plumes !!!

Les récits ne devront jamais avoir été publiés, quel que soit le support (recueil, journal, revue, internet, autoédition) .

La participation financière au concours est fixée à 10 euros (chèque établi à l’ordre de ‘l’association L’écriture prend le large’).Les jurés ne pourront pas participer.

Vous trouverez le règlement et le bulletin d’inscription ici :

Règlement et bulletin d’inscription concours de nouvelles

CLÔTURE D’ENVOI LE 6 FÉVRIER 2021 AU PLUS TARD

 

 

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Concours de nouvelles illustrées Librius 2021

Librius

Librius, mascotte jeunesse

L’association ‘l’Écriture prend le large’ et Librius, sa mascotte jeunesse, propose aux enfants son concours de nouvelles illustrées .

Dans le cadre du prochain festival littéraire et artistique de Thénac (17) prévu du 26 au 28 Mars 2021 sur le thème « Itinérances  »

Le thème retenu est :  « Raconte l’enquête de Librius »

Librius en sera le personnage principal, ses aventures peuvent se dérouler comme détective, journaliste, policier..

N’hésite pas à faire des recherches pour détailler les lieux et t’inspirer d’enquêteurs célèbres  et surtout.. Amuse-toi  avec ton imaginaire!!!

 
Attention tout ce qui sera hors sujet sera éliminé
 

Ce concours est ouvert dés maintenant jusqu’au 20 mars 2021 inclus.

Ce concours est ouvert aux enfants selon les tranches d’âges suivantes : CE2/ CM1/CM2

Le  concours est ouvert à tous de manière collective ou individuelle (classe,bibliothèque/médiathèque …)

Aucune nouvelle ne sera acceptée après cette date.

Règlement ici :

Concours Librius 2021 Réglement

Inscription et Autorisation parentale ici  :

Formulaire d’inscription et d’autorisation 2021

 

CLÔTURE D’ENVOI LE 20 MARS 2021 AU PLUS TARD

 

 

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Ordre des Arts et des Lettres

Nous saluons ce matin la nomination méritée de Françoise Souan, Présidente de notre association, au grade de Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres qui couronne un très beau parcours déjà salué par le Sénat, par l’Académie de Saintonge, l’ordre La Fayette et confirmé par le succès du Festival Littéraire & Artistique .
Toutes nos Félicitations Françoise !

 

Le mot de notre Présidente,

 

Le festival littéraire et artistique de Thénac, d’abord municipal puis associatif, existe depuis plus de 15 ans.

Peu à peu,  il a conquis un public fidèle et de plus en plus nombreux.

D’audience régionale, avec des invités venus de toute la France, il reçoit le soutien de tous les organismes publics, de mécènes privés et de sponsors locaux.

Durant toutes ces années nous avons ( un peu) visité le monde, beaucoup appris et  mieux compris les  enjeux environnementaux. Nous avons aussi rencontré d’extraordinaires personnes ( grands voyageurs, artistes, écrivains et scientifiques).

Ce chemin a été suivi par une solide équipe des bénévoles qui m’entourent et sans qui rien ne serait possible.

Le Ministère de la Culture  a remarqué notre festival et a décidé le 30 juin dernier, de me nommer au grade de Chevalier de l’ordre des Arts et Lettres. Cette nomination m’honore beaucoup mais aussi toute l’équipe de notre association, notre village de Thénac et aussi l’indispensable développement de la culture en milieu rural.

 

Merci à tous               

 

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Deux grands films documentaires

 

Le Festival Littéraire & Artistique  « LES ROUTES DU MONDE » de mars 2020 ayant dù être annulé pour cause sanitaire l’association organisatrice  » L’Écriture prend le large  »   a souhaité néanmoins vous faire profiter des deux moments d’exception prévus initialement  à savoir les projections de nos deux grands films

                                   LA ROUTE DU THE    de Michel NOLL

et

                                     TERRA  de  Yann Arthus BERTRAND

 

            les vendredi 2 octobre et samedi 3 octobre *

  salle Hélène Neveur  à Thénac                

                                     RETENEZ DÉJÀ CES DEUX DATES 

 

                               

 

                 Les films seront présentés et commentés par des spécialistes 

Le samedi 3 octobre sera également proposée dans la salle de l’association une « librairie éphémère »   avec vente de livres à prix très bas  , traditionnellement organisée pour la « Foire aux fleurs » annulée également cette année .

*  sous réserve des dispositions sanitaires en vigueur à cette date

Nous préciserons fin Août – début Septembre les conditions et réservations . 

 

 

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Publication des nouvelles gagnantes

Bravo à nos lauréats de notre concours de nouvelles édition 2020

1er prix

Dérives de Jessica Pagazani , habitante du Morbihan.

Dérives

C’est notre troisième nuit en mer. Cette nuit, je serai chargée de veiller au vent, de surveiller la houle, le cap, les feux des bateaux autour de nous et la position des navires à proximité sur l’ordinateur de bord. Jusque-là, j’étais restée prostrée sur ma couchette, terrassée par des nausées inattendues aux relents âcres de désillusion avec, dans ma tête, la question de Bernard Moitessier, lancinante : « Sauras-tu faire de ton rêve une réalité ? » Je rêve de naviguer depuis que j’ai treize ans. Depuis la lecture d’un roman qui m’a fascinée par la description du sentiment d’intense liberté des matelots. Voilà donc dix ans que j’attends l’occasion de pouvoir vivre cette liberté dont je n’ai eu qu’un avant-goût littéraire, cette liberté à l’état pur, sans contraintes ni frontières.

J’ai retrouvé Elisa, ma complice en intrigues pour prendre le large, à Marseille. Destination Athènes, où nous devons rejoindre, avec nos désirs et pas un sou en poche, d’autres camarades de l’Université pour les accompagner dans un tour d’Europe à vélo. Nous avons rencontré le skipper du ketch en bois de 11,60 mètres sur lequel nous allons embarquer grâce à une bourse aux équipiers sur Internet. Le propriétaire de la Maeva – c’est le nom du voilier – veut profiter d’un été en famille dans les îles Grecques et a fait appel au skipper pour convoyer son bateau. Pour nous, le voyage est gratuit, il nous faudra simplement participer à la vie du bord.

Je pense à toi. Deux ans déjà, deux longues années pour réunir une nouvelle fois le prix de la traversée. Quand les garde-côtes nous ont abordés, deux ans plus tôt, tu as préféré te laisser glisser dans l’eau. Plutôt que de retrouver les geôles de Libye, antichambres du désespoir. Je t’ai vu t’enfoncer dans les flots noirs qui scintillaient sous la pleine lune. J’ai eu dix-huit ans avant-hier, le jour où on a embarqué sur ce rafiot gonflable, à peine plus grand que la barcasse en bois vermoulu où on s’était entassés avec toi, ce jour-là. Elle t’avait fait penser à nos fringants bateaux de pêche multicolores, sur le Sine Saloum.

Elisa vient me réveiller d’un joyeux « À ton tour, moussaillonne ! ». On dirait qu’elle a navigué toute sa vie. Mes nausées se sont calmées, je vais pouvoir prendre mon quart. Elle me prête sa vareuse : « Il fait frais. » Elle ajoute, « Sois vigilante, un conteneur à la dérive a été signalé sur le Navtex , tu sais, l’appareil de réception des informations maritimes. »

Je bâille, j’ai froid. Il est une heure du matin. Je vais m’asseoir dehors, et je me laisse bercer par le doux balancement de la houle. Je prête l’oreille au grincement des poulies, au foc qui faseye légèrement, à la barre qui gémit, aux craquements de la coque. Tous ces bruits qui me semblaient si hostiles, jusqu’alors. La mer Méditerranée, tantôt si trompeusement calme, tantôt si rageusement hachée, est sereine cette nuit. Je remarque les planctons dans le sillage du bateau, petites lucioles des eaux qui brillent quand on les dérange, comme une traînée d’étoiles.

Ce silence qui brusquement nous enveloppe. C’est le bébé qui a cessé de pleurer. Sa mère continue pourtant à le bercer, en fredonnant à mi-voix, le petit corps de son fragile dormeur, soudain si redoutablement immobile. Le froid est tombé avec la nuit. La mer est encore plus immense et vide dans l’obscurité. Nos appels se perdent dans le voile sourd qui a recouvert les flots. Après le soleil harassant de l’après-midi, je frissonne dans mon vieux t-shirt. Je ne dois pas penser. Ni à ma grand-mère, restée au pays, ni à Fatou, ma petite sœur, malade, qui compte sur moi. Je ne dois pas penser au rire de Fatou. Son sourire. Les bons souvenirs me déchirent. Tu m’avais dit, l’Europe, on y écrira notre avenir. Tu m’avais dit, je leur expliquerai, ils comprendront. Tu m’avais dit : on a une chance d’y vivre dignes. Toi, tu y croyais et moi, je n’ai plus le choix. Je ne peux pas faire demi-tour. L’avenir est une page sombre. Le plus dur est-il passé ? Les mois de désert, les mois à trimer. Je ne dois pas penser. Je n’ai pas le droit d’échouer.

Il est deux heures, je vais faire un tour sur le pont. Sur bâbord, j’aperçois au loin un feu vert, surmonté d’un autre feu vert sur feu blanc. C’est un chalutier. Sur tribord, un ferry, qui fait route vers l’Est, comme nous. C’est rassurant de ne pas se savoir tout à fait seuls sur l’eau. Ses lumières se confondent avec les étoiles juste au-dessus de l’horizon et, sans l’AIS – la carte où s’affichent, sur l’ordinateur, tous les gros navires qui transitent – je l’aurais pris pour l’une d’entre elles. J’abats de trois degrés vers le Sud. Puis je m’approche du mât d’artimon et je lève les yeux : décidément, je n’ai jamais vu autant d’étoiles.

Une étoile filante, je fais le vœu que les courants nous poussent vers des rives plus clémentes. Je suis le seul à m’y connaître un peu en moteurs. Le nôtre halète et crachote, et l’odeur du gasoil est entêtante. Je pense à toi, aux vomissures et à la panique, je revis la même scène de stupeur et de larmes. Cette fois, nous sommes soixante-deux, dans un bateau pneumatique de 12 mètres de long. C’est notre troisième nuit en mer. Bientôt, nous n’aurons plus d’eau potable. Les hommes qui se relayent à la barre – cap au Nord-Ouest – depuis notre départ, sont épuisés. Mes pieds s’enfoncent dans les chairs éreintées tandis que j’essaye de rejoindre l’arrière pour jeter un œil au moteur. J’avance doucement, dans la nuit interminable : nous sommes si nombreux qu’au moindre mouvement malheureux nous risquons de chavirer.

Trois heures du matin – le vent a un peu tourné, je choque légèrement la grand-voile. Toujours rien à signaler. L’horizon est clair. Je peux reprendre le fil de mes pensées. J’imagine nos amis à vélo. Ils nous ont devancées de quelques mois dans leur quête d’aventure. Sont-ils en train de camper dans une clairière après une longue journée à pédaler ? Nous, nous avons attendu la fin de nos examens à l’Université pour faire nos bagages. Puis, tout est allé très vite : le convoyage idéal, un covoiturage pour se rendre à Marseille et, le 13 mai, nous étions dans le carré de la Maeva à trinquer au départ. Penser à nos amis, troubadours joyeux errant quelque part en Grèce, m’a redonné courage. Il est trois heures et demie, j’enfile mon gilet de sauvetage pour aller à la proue et chanter ce trop-plein d’euphorie dans la nuit. Finalement, je ne voudrais pas être ailleurs.

Des bribes d’une mélopée lointaine me parviennent, sans doute le chant des sirènes qui égrènent les milliers de prénoms des disparus sans sépulture. Amadou, mon meilleur ami, mon frère. Tu as glissé dans l’eau noire, sous mes yeux. Amadou, mon meilleur ami, mon frère. Cette nuit je pense à toi. C’est pour nous deux que je réussirai, cette fois. Pour honorer cette promesse que nous nous étions faite : « Je veillerai sur les tiens, tu veilleras sur les miens. » Amadou, ton prénom s’est uni à la lente mélopée des sirènes. Le moteur vient de rendre son dernier crachat. On ne distingue aucun halo qui annoncerait la côte. Seuls quelques lointains clignotements de bateaux qui ne peuvent pas nous voir. Nous n’avons rien pour signaler notre présence.

J’ai sommeil, irrésistiblement bercée par le rythme du souffle du vent dans les voiles et du clapot des vagues sur la coque. La mer s’est légèrement formée et des petites crêtes d’écumes étincellent sous la lune. J’ai dû m’assoupir, car c’est le skipper qui me réveille en me tendant une tasse de café. Je jette un coup d’œil à l’horloge : il est presque six heures. Il lit à voix haute le message reçu sur le Navtex : « Embarcation retournée à la dérive, aperçue à cinq heures vingt-sept, 35 degrés 15 minutes et 50 secondes Nord, 14 degrés, 4 minutes et 49 secondes Est ». À quelques milles à peine de là où nous sommes passés. Il pousse un profond soupir. « Retournée…» Je m’extirpe du cockpit et, dans la douceur mordorée du jour naissant, j’interroge la mer.

 

1er coup de cœur

Une rue sans issue de  Edouard Launet habitant  de la Manche.

Une rue sans issue

Les problèmes ont commencé le jour où Edmond Mortier, notre maire, a fini de lire Les Misérables. À 78 ans, il était temps qu’il finisse. Le brave homme avait dû  lire des extraits du roman à l’école communale, puis il était devenu géomètre-expert, puis avait été élu maire — fonction qu’il occupe depuis près de trente ans. Puis, on ne sait pour quelle raison, il s’était mis en tête de lire Les Misérables in extenso. Et voilà que, à peine la dernière page tournée, il décrétait que notre village aurait une rue Victor Hugo, et le plus tôt possible s’il vous plaît.

Edmond, ce genre de choses ne se décrète pas, lui avais-je dit (je suis premier adjoint), il y a des procédures à respecter, il faut un vote du conseil municipal en bonne et due forme, par ailleurs il serait nécessaire de … . Quoi ? s’était-il étranglé, tu ne veux pas d’une rue Victor Hugo ? Tu es bien le seul, mon garçon, il y en a partout dans ce pays, des rues Victor Hugo. C’était un très grand homme, tu sais ! Certes, avais-je répondu, mais là n’est pas la question, Edmond. Toutes nos rues ont déjà un nom, tu veux le caser où, Hugo ? Il m’avait regardé comme si je venais d’injurier la Nation et m’avait planté là, furieux.

Le fait est qu’Edmond n’en avait pas la moindre idée, de l’endroit où caser le grand homme. Toutefois il était clair qu’il n’en démordrait pas, comme si visser des plaques Victor Hugo dans le bourg était une mission sacrée qui lui avait été confiée par Gavroche lui-même. Nous avons donc dû nous résoudre à créer au sein du conseil un groupe ad hoc auquel a été donné le nom formidable de Comité Exploratoire en Vue de la Création d’une Rue Victor Hugo dans la Commune de Marmolien-les-Sources. Une telle entrée en matière n’augurait rien de bon. Il eût été plus simple et moins dangereux de partir explorer la jungle.

Il a d’abord fallu recenser les rues débaptisables : rue des Fontaines, rue de l’Avenir, rue des Champs-Courlis, etc . Ensuite chacun des membres du comité s’est vu attribuer une voie dont il aurait à sonder les habitants. Chacun son chemin ! a rigolé Edmond. Nous, nous avons moins ri. C’est la rue des Oiseaux qui m’est échue ; les oiseaux ne protesteraient pas mais les riverains ne seraient vraisemblablement pas emballés, vu la quantité de paperasserie qu’entraînerait un changement de nom de leur rue. De fait, ils ne le furent pas du tout, emballés. Pas plus que ceux des autres rues d’ailleurs. Les débats et consultations ont vite migré vers le seul et unique café du village. C’est là que la révolte a commencé à gronder autour de petits verres de blanc.

Entretemps, Edmond s’était plongé dans la poésie de Hugo et, à tout bout de champ, il citait des alexandrins du grand homme. Une sombre histoire d’intercommunalité nous valut un : « L’ombre est noire toujours, même tombant des cygnes ». La réfection de l’éclairage public : « Chaque homme dans sa nuit s’en va vers sa lumière ». Notre inquiétude allait croissante.

L’hugomanie du maire devint alors le principal sujet de conversation au café, ce qui changeait agréablement des résultats de Ligue 1 mais tournait un peu en rond. À toutes fins utiles, j’ai demandé au patron s’il ne voulait pas rebaptiser son établissement Café Victor Hugo, ce qui aurait été autrement plus chic que Café des Sports et nous aurait enlevé une sacré épine du pied. Maurice n’a même pas daigné me répondre. Le lendemain, il m’a dit le plus sérieusement du monde : tant que je serai vivant, mon garçon, cet établissement s’appellera Café des Sports. Maurice voue au football un véritable culte et l’oeuvre de Victor Hugo n’est apparemment pas sa lecture de chevet.

 

Vu l’insuccès de notre mission exploratoire, Edmond a changé son fusil d’épaule : on donnerait le nom de Hugo à une place. Problème : de place, il n’y en a qu’une dans le bourg, et elle s’appelle place de la Libération. Allez donc rayer le souvenir de 1944 ! A peine l’idée émise, ce fut un soulèvement général. J’ai vu venir le moment où cette histoire Hugo allait se régler à coups de tromblons. Faudrait-il faire appel à la préfecture pour séparer les combattants ?

Cependant notre maire monomaniaque ne voulait toujours pas lâcher l’affaire et il lui est venu cette autre idée : à défaut d’attribuer le nom de Hugo à une rue existante, on en créerait une spécialement pour lui. Après tout, au bout de la rue des Champs-Courlis, il y avait un chemin à peu près carrossable qu’il suffisait de goudronner. Au Café des Sports, on a commencé à se demander si ce n’était pas un psychiatre qu’il fallait à la mairie. Je fus missionné pour parlementer avec le forcené.

Edmond, lui ai-je dit, je crois que cette histoire va trop loin. Et, comme ce n’est pas le genre d’homme qu’il faut braquer, j’ai vite ajouté : ce ne serait pas faire honneur à Victor Hugo que de lui attribuer une rue totalement déserte. Cet argument a semblé l’ébranler. Lorsque j’ai quitté son bureau, Edmond était pâle, défait, l’air résigné. Je suis parti illico porter la bonne nouvelle au Café des Sports. Trop vite hélas !

 

La semaine suivante, Edmond est entré à la réunion du conseil avec un large sourire aux lèvres et, avant même de s’asseoir, il a déclaré avec emphase : « Mesdames, Messieurs, nous allons rebaptiser notre village VictorHugoVille ». Mon voisin Jacky est tombé de sa chaise, et ce n’est pas une figure de style. Passé un moment d’hilarité, puis d’effarement car Edmond avait l’air sérieux, nous nous sommes regardés en nous demandant si l’heure n’était pas venue d’en appeler vraiment à la psychiatrie, ou à la rigueur au préfet. Nous avons beaucoup de sympathie pour notre maire, homme respecté de tous, débonnaire quoique parfois têtu, mais cette fois les bornes étaient franchies : le troisième âge ne réussissait pas à Edmond. Nous avons quitté la salle du conseil municipal avec des mines gênées pour certains, consternées pour d’autres. Jacky a eu beaucoup de mal à se relever.

VictorHugoVille ! Quand j’ai dit ça à ma femme, elle n’a pas éclaté de rire comme je m’y attendais, elle a simplement dit : pourquoi pas, ça ne serait pas pire que Marmolien-les-Sources, mais dis-moi, comment on fait pour rebaptiser une commune ? Je n’en savais foutrement rien, mais Internet avait la réponse : il fallait constituer un dossier réunissant la délibération du conseil municipal, l’avis motivé du directeur départemental des Archives, l’avis motivé du directeur départemental de la Poste, la délibération du conseil général, l’avis du préfet. Puis il fallait transmettre ce dossier au ministère de l’Intérieur, qui lui-même le soumettrait à une commission consultative composée de représentants des Archives nationales, du CNRS, de l’IGN, de l’INSEE, de la Poste, de l’Ecole Nationale des Chartes, et je dois en oublier quelques-uns.

Le chantier semblait si monumental, et mon affection pour Edmond est si grande, que j’ai vu là le moyen de nous et de le sortir de ce guêpier : nous constituerions ce dossier, lequel serait probablement rejeté avant même d’atterrir au ministère de l’Intérieur. Et les divagations d’Edmond en resteraient là. Et l’on pourrait enfin parler d’autre chose que de Victor Hugo à Marmolien-les-Sources.

Inutile de dire que la préfecture nous a renvoyés directement dans nos buts — la secrétaire pouffait au téléphone quand je lui ai demandé si elle avait reçu notre dossier. Désormais, ce n’était plus ses administrés mais les pouvoirs publics qui priaient Edmond de mettre sa lubie en veilleuse. Une nouvelle fois, celui-ci a semblé se résigner. Et, de fait, on ne l’a plus jamais entendu parler de Hugo. Il a même mis fin à ses rafales de citations. La toute dernière fut : « Rien n’est stupide comme vaincre, la vraie gloire est convaincre ».

Hier, je suis entré à l’improviste dans le bureau d’Edmond. Il était en train de lire fiévreusement L’Assommoir de Zola.

Je lui ai dit : Ah non, Edmond, pas question !

Il m’a répondu : Ah si !

Nous en sommes là.

 

2ème coup de coeur

 Le maillot jaune de Marie Hélene Boisier habitante la Haute Garonne.                                                    

Le maillot jaune

                                                                   

Ce matin là je savais que ça allait être « mon jour de gloire ». Un de ceux à ne rater sous aucun prétexte, vu la récompense à l’arrivée. Après tant de souffrances, allant d’espoirs en déceptions puis d’échecs en perspectives, j’étais enfin dans une forme olympique, certaine de vivre pleinement cet exploit tant espéré. Tout était fin prêt, je connaissais la route par coeur et nous n’avions rien oublié. J’avais fait la liste complète du matériel, je n’aurai pas à me tracasser par la suite.

J’avais choisi avec soin l’équipement, scruté les rayons, les roulements, les accessoires. Mon mari disait de moi que j’étais une véritable « bête de courses ». Les accidents ne sont pas fréquents mais je préférais ne rien acheter d’occasion. Je l’utiliserai en ville, à la campagne et à la montagne. Il fallait que ça tienne bien la route et que ça dure au moins deux ou trois ans. J’avais privilégié maniabilité et sécurité car nous préférions disposer d’une mécanique de qualité homologuée, même si cela avait un certain coût.

J’avais donc opté pour la routière classique avec un guidon courbé. On pouvait alterner les positions du guidon selon notre taille. C’était un atout indéniable pour les côtes. J’allais donc participer à cette course féminine sans crainte. Mes copines disaient qu’il se pourrait bien que l’épreuve soit rapidement « pliée » vu mon entraînement, mais nous ne sommes pas pléthore à en découdre aussi facilement la première fois.

On m’avait mise au courant des petits inconvénients tels que douleurs de dos, problèmes de selle, crampes… J’écoutais les bons conseils et astuces pour ne pas avoir mal tout en respectant les sensations de mon corps et suivais  assidûment les exercices de préparation physique. Je croyais fort en mes capacités. La sécurité serait assurée de bout en bout. J’avais de plus une assistance médicale sérieuse.

Je dormais bien, je n’avais pas de problèmes de poids et j’étais vigilante sur mon alimentation.

J’avais malgré tout conscience qu’il me faudrait négocier quelques difficultés, bien récupérer après l’effort, tenir compte des imprévus. J’avais à cœur d’amorcer la première étape sereinement afin de ne pas me fatiguer dès le début.

Mon mari faisait office de coach et il relayait les infos sur le chemin parcouru.

Les hommes en général nous supportent tout au long. Certains nous poussent dans le dos ou crient à tue-tête pour nous encourager si près qu’on peut sentir leur haleine, leur parfum.

D’autres attendent le signal de l’arrivée pour venir savourer l’exploit, juste après l’étape finale.

Ils nous acclament, nous félicitent chaleureusement jusqu’à la remise du bouquet, inoubliable.

Ça y est, c’est vraiment le départ. D’entrée je suis hyper concentrée. Je veux atteindre toutes les étapes, heure par heure, en suivant bien le parcours et garder la bonne trajectoire, centimètre par centimètre jusqu’à la consécration ultime. Le spectre du dopage m’a fait refuser d’emblée toute aide médicale ou mécanique. Je suis un peu tendue. Je suis mal placée et j’entame rapidement un mouvement de côté afin d’être plus relachée. Pour l’instant ça monte et descend tranquillement, je ne peine pas plus que ça. Je m’applique à profiter mentalement d’un bon espace de détente de mon corps, par une respiration fluide.

La météo est au rendez-vous, c’est génial ! Je trace ma route. Tout le monde sait maintenant que je suis partie. Déjà que je suis la favorite de toute ma famille, je vais faire en sorte d’être brillante. Je ne brigue pas forcément la vedette devant toute l’équipe mais je me donnerai à fond, je le sais.

Tout roule. Pourvu que je n’aie pas de défaillance, il ne faudrait pas que je me dégonfle ! L’épreuve se déroule en trois parties assez distinctes. Mon moniteur m’avertit régulièrement de la prochaine ascension, je m’y prépare et l’aborde sans encombres. Une petite courbe qui passe plutôt bien. Le trajet va crescendo, les heures passent. Je ressens à présent un peu plus de fatigue. Je lutte contre une douleur qui vient de s’installer. J’ai quelques pointes dans les reins et au bassin, je m’y attendais. Nous y sommes toutes préparées à ce stade de l’effort.

L’ascension s’avère un peu plus dure que je ne l’avais appréhendée. Je m’accroche et je serre les dents. Je ne suis pas de celles qui abandonnent. J’arrive à contrôler les attaques les plus sournoises. Je transpire de plus en plus. L’ascension en puissance dans le col fait très mal, mais je sais que ça va redescendre. Retour au calme. A peine ce petit répit terminé voilà que ça recommence. Je m’accroche au poignées, le souffle court. Surtout éviter la défaillance. Je maîtrise encore et suis gonflée à bloc. Il reste encore un  peu de chemin à faire me souffle-t-on à l’oreille. Je discipline ma poussée au rythme de ma respiration. Je suis lucide même si mes muscles sont tendus. Ce trajet repose surtout sur la sagesse et la prudence. Rien ne me déstabilise, pas même cet idiot qui vient de m’asperger d’eau. 

Il y a une forme de poésie folle à courir cette course, peut-être consubstantielle à l’effort que je fournis. Je viens d’un milieu où se donner de la peine pour mériter est important. Je repense à ma mère tout à coup. Les femmes de ma famille sont courageuses. Elles y sont toutes parvenues.

Ma grand-mère dit qu’elle pourra mourir après l’exploit. Ma mère qui faisait tous les pronostics avant les autres, est ma plus fidèle admiratrice, même si elle ne le montre pas.

J’ai  toujours fait le plein de confiance en m’accrochant à leur immense amour et elles m’ont toujours soutenue. Pourquoi est-ce que je veux absolument décrocher ce titre ?  

Je n’imaginais pas que ce soit aussi dur. Je commence à pédaler de tous côtés. Il me semble que je vais dérailler. Je mouline un peu dans le vide. J’ai des fourmis dans les mains à force de tirer sur les poignées. J’ai besoin d’air, la moindre avancée devient un véritable calvaire. Le soigneur me demande de freiner dans la descente, mais la machine s’emballe toute seule. On m’annonce un ralentissement, mon coeur bat à tout rompre. Fausse alerte ! Le combat contre la montre reprend de plus belle. Je suis presque à l’arrivée. Ce serait bête de baisser les bras maintenant que le plus dur est passé. C’est l’évènement à ne pas rater. Je suis harassée de fatigue. On me crie de faire encore un effort mais je ne fais que ça, des efforts ! Ils sont marrants à me dire : « Allez! Allez! ». Ce n’est pas eux qui sont en train de pousser sur la petite reine ! Je glisse, on me relève et mon entraîneur de mari en profite pour me masser le dos. Il a toujours été présent. Je me remets péniblement en selle malgré cette douleur lancinante qui me taraude les reins. J’irai au bout du supplice. Je ne peux pas abandonner à ce stade mais je jure que je ne rééditerai plus jamais cette performance, plus jamais de ma vie !

Le soigneur me rassure, le parcours est presque fini et on arrive à la tête ajoute-t-il. Mais c’est infernal, des larmes coulent sur mes joues et je cherche encore de l’air. Je regarde obsessionnellement la ligne de mire car l’écart se creuse uniquement dans cette dernière phase. Je m’élance dans la toute dernière bataille. Je n’aurais jamais cru avoir cette puissance jusqu’au bout. Je pousse sur les étriers de toutes mes forces. Une petite échappée prend fuite devant moi, je n’en tiens pas compte. Je vois enfin le col s’élargir sous les bravos.

Au terme d’un parcours magnifique dans son intégralité, j’ai pu mettre en oeuvre des qualités exceptionnelles. J’ai gagné !

On vient de couper le cordon. Mon cri de bonheur se mêle aux cris de ce beau bébé tout rond, tout mouillé qui me regarde avec étonnement. Je suis mère d’une magnifique petite reine.

On lui passe le petit maillot jaune, celui que j’ai tricoté pour elle ces dernières semaines. Aujourd’hui j’ai donné la vie et je détiens le titre inestimable de « Maman ».

 

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ANNULATION- ANNULATION

L’association L’Écriture prend le large est au regret d’annoncer que son Festival Littéraire et Artistique « Routes du monde » des 27-28 et 29 mars est annulé en raison de la situation pandémique du covid-19 afin de ralentir sa progression et sa circulation . Très rapidement nous indiquerons s’il s’agit d’une annulation pure et simple ou d’un report à une date ultérieure .

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Les animations Jeunesse

Les animations jeunesse (espace spécifique sous les tivolis)  

Le festival offre aux enfants, de tous les âges, durant les deux journées en continu, des animations gratuites et de qualité, conçues par les invités du festival

Librius invite les enfants sous les tivolis [ décoration de l’espace par des enfants et la participation de résidents de l’EHPAD Les Jardins des Hauts de Thénac ]

En continu, durant les deux jours, sur le stand de Marthe Castagneyrol,  à partir de 5 ans, les enfants  sont invités à créer des motifs artistiques

Samedi 28 mars 

14h15-15h :  Jérôme Monzein : Contes sur les routes du monde – enfants de tous âges

15h15-16h15 : Calista Moon : Bienvenue dans le monde des contes de fées – atelier artistique

( enfants  7 /10 ans )

16h30-17h :  Nane et Jean-Luc Vézinet  Si les arbres nous étaient contés

(à partir de 7 ans)

17h15- 18h : Marie-Claude Pisquet Conte en dessin , un beau voyage entré écoute et création artistique

(enfants 7/11 ans)

 

 

 

 Dimanche 29 mars 

14h -14h30 Théâtre enfants : Petite performance spécifique pour le festival (enfants et familles de tous âges)

14h45 -16h45 Marc Daniau : « Portraits de famille » un exercice artistique très joyeux, à vivre en famille  (pour tous et en participation libre)

17h-17h45 Jérôme Monzein «Contes sur les Routes du monde » enfants de tous les âges

 

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