Itinérances voyageuses

itinérances voyageuses

Itinérances voyageuses

Les voyageurs sont au coeur de toutes les thématiques du festival de Thénac. Ils nous enchantent et nous entraînent sur le chemin de leur itinérance, nous offrant images, dessins et mots au bout de leurs caméras et crayons.

      Louis-Marie Blanchard

Louis- Marie Blanchard

Grand voyageur, Louis-Marie Blanchard, a promené son regard des Alpes aux vallées reculées des Andes et de l’Himalaya. Il a publié ses reportages dans Géo, Terre Sauvage, Grands Reportages, Trek Magazine et Le Monde. Amateur de récits de voyage et d’exploration, collectionneur averti, naturaliste passionné, il cultive son jardin dans la douceur angevine quand il n’arpente pas le globe.

Chasseurs de plantes

 

      « L’aventure des chasseurs de plantes »  Éditions Paulsen

Mongolie nomade film d’ Elise et Louis-Marie Blanchard

Nomade mongol

Des montagnes noires du Gobi, à celles du Khangaï, les Mongols et les Kazakhs se déplacent, au grès des saisons, en maintenant ainsi un mode de vie ancestral, parfaitement adapté à leur environnement.

Bio- Biblio  ICI 

Retrouvez le pour une projection le samedi 2 octobre à 16h30 et pour une conférence le dimanche 3 octobre à 10h

Laetitia Klotz

  Laeticia Klotz

Curieuse du monde, Lætitia Klotz privilégie les voyages à l’étranger  après des voyages plus courts,  elle part au Yémen,  et c’est un véritable coup de cœur. Elle y restera trois ans, apprend l’arabe et découvre l’Islam.  Sa destination suivante sera l’Arabie Saoudite, plus fermée, plus secrète, mais riche aussi de rencontres et d’expériences. Nouveau départ vers Singapour et l’Ouganda. Un parcours hors norme pour une femme engagée auprès des femmes !

L Klotz Intime Arabie

« Intime Arabie, Confidences saoudiennes » Éditions Transboréal

Bio et Biblio ICI 

Retrouvez la pour une rencontre littéraire le samedi 2 octobre à 15h15

Anne-Marie Brisebarre

Anne –Marie Brisebarre

Directrice de recherche émérite au  laboratoire d’anthropologie du CNRS, enseignante au collège de France, elle s’intéresse au pastoralisme et aux savoirs des bergers.  Le pastoralisme et la transhumance, tels qu’ils sont pratiqués en France, sont des richesses culturelles et économiques remarquables. Elle étudie aussi, plus généralement, les rapports entre l’homme et l’animal.

« Chemins de transhumances et bergers du voyage » Éditions Delachaux et Niestlé

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Retrouvez la pour une projection le samedi 2 octobre à 14h

Philippe Bichon

   Philippe Bichon

Les crayons affûtés par ses années d’architecture, il aime découvrir le monde, un carnet à la main. Celui-ci devient un lien et un moyen d’échange avec les gens croisés sur la route. Ils sont publiés, fidèles aux originaux, avec la spontanéité du récit et des illustrations qui séduit ses fidèles lecteurs.  

     « Carnets sur la route de la soie » Bleu Éditions

 « La route de la soie au bout de mon pinceau »

Conférence musicale au son de l’oud (luth oriental)

Magnifique traversée de l’Ouzbékistan, du Kirghizistan et du Tadjikistan.

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Retrouvez le le dimanche 3 octobre pour une projection à 15h45 

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Les deux grands films documentaires

Les deux grands films documentaires 

vendredi 1 octobre – 20h 30 – Salle Hélène Neveur- Thénac

Fondation ANAKO

En partenariat avec la fondation ANAKO et en présence d’Hervé Valentin, docteur en économie du développement,  co-fondateur de la Fondation ANAKO, coordinateur de l’International Commission for the Rights of Aboriginal people – Commission internationale pour les droits des peuples autochtones, il se charge des relations avec les correspondants autochtones et les différents associations de solidarité internationale, projection du film :

PETIT PEUPLE DE LA GRANDE FORÊT

Les Pygmées : l’un, des derniers peuples itinérants

                                       En avant-première au festival de Thénac

pygmées

 

Les Pygmées sont l’un des derniers peuples chasseurs-cueilleurs au monde et le plus important en nombre. Ils sont entre 250 000 et 350 000 individus, répartis en Afrique,  le long de l’Équateur. Dénigrés, discriminés et parfois exploités par d’autres ethnies du pays, ils sont en voie de disparition. Le film nous raconte le quotidien, la spiritualité, mais aussi les défis et les difficiles compromis auxquels sont aujourd’hui confrontés les communautés pygmées. Ultimes connaisseurs de leur milieu, détenteur d’un immense savoir ancestral en matière d’écologie forestière, les Pygmées ont aujourd’hui un rôle essentiel à jouer pour le devenir de ce patrimoine forestier inestimable, mais aussi de leur riche culture ancestrale de chasseurs-cueilleurs itinérants.

 

RÉSERVATIONS PAR CB UNIQUEMENT
  • Entrée 8 euros /  4 euros pour enfants – 12 ans
  • Pass pour les deux films des vendredi 1 et samedi 2 octobre 14 euros      
  •  Pass pour les deux films des vendredi 1 et samedi 2 octobre 12 euros pour les adhérents  
  •  Pass pour les deux films des vendredi 1 et samedi 2 octobre 6 euros pour les enfants – 12 ans    
Pour réserver cliquer sur  Participer    

Renseignements au 05 46 92 68 57 ou assoclep2l@gmail.com

samedi 2 octobre – 21h – Salle Hélène Neveur- Thénac

 

ÇA MARCHE POUR MOI

film de William Léger

Une incroyable itinérance !

Habitué des voyages au long cours, William aime quitter les sentiers battus pour créer ses propres itinéraires. Il réalise une incroyable et fascinante traversée de l’Inde, du Sud au Nord,  et ainsi parcourt 2808 km à pied, en solitaire. Marcheur de fond et marathonien, rien ne laissait pourtant penser que cet ancien enseignant d’université, marié et père de deux jeunes enfants, plaquerait tout pour réaliser le rêve d’une vie à 37 ans.

Inde - ça marche pour moi

BANDE-ANNONCE DU FILM 

 

RÉSERVATIONS PAR CB UNIQUEMENT 
  • Entrée 8 euros /  4 euros pour enfants – 12 ans
  • Pass pour les deux films des vendredi 1 et samedi 2 octobre 14 euros      
  •  Pass pour les deux films des vendredi 1 et samedi 2 octobre 12 euros pour les adhérents  
  •  Pass pour les deux films des vendredi 1 et samedi 2 octobre 6 euros pour les enfants – 12 ans   
Pour réserver cliquer sur  Participer    

 

Renseignements au 05 46 92 68 57 ou assoclep2l@gmail.com

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Itinérances littéraires

Itinérances littéraires

La littérature est un chemin, une itinérance des mots dans l’imaginaire, le vécu, les savoirs des écrivains.

Le lecteur se nourrit de ces itinérances littéraires afin de suivre son propre chemin.

Catherine Goulletquer
                      

Catherine Goulletquer

Journaliste, enseignante et formatrice, elle est l’auteure d’une douzaine d’ouvrages individuels, auxquels s’ajoutent des œuvres collectives. Sa production est marquée par ses connaissances pluridisciplinaires : histoire, anthropologie, psychanalyse, politique étrangère.

La croix d'Orient

       « La Croix d’orient » Dacres Éditions

Bio – Biblio   ICI 

Retrouvez- la pour une projection le dimanche 3 octobre à 13h30  : Le fabuleux destin de l’écriture

Evelyne Néron Morgat

Évelyne Morgat

Petite-fille d’ostréiculteur et femme de marin-pêcheur, Évelyne Morgat  partage dans ses livres ces traditions maritimes. Elle se consacre, depuis plusieurs  années, à la valorisation d’un domaine ostréicole ancestral, modelé par la mer et la sueur des hommes, pour lui redonner l’âme qu’il avait autrefois.

A-la-vie-à-la-mer

    «  A la vie à la mer »  Éditions Gabelire

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Retrouvez-la pour une rencontre littéraire le dimanche 3 octobre à 17h15 : La mer, un personnage de roman

Sébastien Delicque

     Sébastien Deledicque

Arabisant, il part au Yémen pour y rédiger une maîtrise sur la littérature yéménite. Séduit par le pays, il devient responsable culturel français à Aden. Il doit quitter le pays après le début de la terrible guerre qui se continue aujourd’hui. Il se consacre à l’écriture littéraire et à son attachement au peuple yéménite.

Sur mer et sur terre

« Sur mer et terre » Éditions 5 Sens

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Retrouvez-le pour une rencontre littéraire le samedi 2 octobre à 17h45 : Le golfe d’Aden, sur mer et sur terre

Alain Persuy

Alain Persuy

Enseignant en écologie forestière à l’Université, conseiller scientifique,  et conférencier, il est membre du Directoire  des forêts et  administrateur de nombreuses ONG nationales concernées par l’écologie et la biodiversité.

« Comment sauver les forêts petit manuel de résistance citoyenne » Éditions Double Ponctuation

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Retrouvez-le pour une grande conférence samedi 2 octobre à 10h : Pourquoi faut-il aimer … et défendre les forêts du monde ?

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Eddy L. Harris

Invité d'honneur Eddy L.Harris

Invité d’honneur de notre festival  Eddy L. Harris  

 

Eddy L. Harris Invité d'honneur

Écrivain et cinéaste, il voyage sur les lieux où s’est reconstruite la diaspora noire. Né aux USA dans le Missouri, il évoque dans ses livres, l’histoire des noirs américains, de l’esclavage jusqu’à son abolition, de la ségrégation à la pleine jouissance des droits civiques, du rejet jusqu’à l’intégration. Il a, en tête, d’autres chemins, que les hommes parcourent pour construire leur vie, dont il voudra être le témoin. Il suit, entre autres,  le parcours de l’Old Man River, le Mississippi et le retranscrit avec une plume brillante et incisive. 

        « Mississipi solo »  Éditions Liana Levi

Bio – Biblio ICI 

Retrouvez-le pour une rencontre littéraire le dimanche 3 octobre à 15h : Vers le mythique fleuve Mississipi

Interview dans Sud-Ouest du vendredi 20 août 2021  Eddy L.Harris « Mon monde: c’est Pranzac

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Rentrée tonique !!

Rentrée tonique pour l’association  » l’Ecriture prend le large »

Afin que vous puissiez avoir tous les détails sur nos activités, rejoignez-nous au  

Forum des associations de Thénac  – Parc du château

3 septembre  16h-19h et  4 septembre 14h-18h

Vente de livres de poche à 50 centimes.. le plaisir de lire pour tous

Prochaine grande manifestation:

Festival 2021 ITINERANCE ( 1/2/3 octobre)

                 Les ateliers reprennent

Adultes

*Cercle de lecture   le 15 septembre autour de la magnifique trilogie de Catherine Bardon  « Les déracinés »

*Atelier d’écriture autour du thème de l’oubli le 13 octobre

*Une grande librairie éphémère avec des livres, à prix très modestes,

30 et 31 octobre (vente au profit d’octobre rose)

*Conférence sur le rôle du smarphone et des écrans dans nos vies  quotidiennes  le  20 novembre

*Atelier philo  sur « la connaissance »  le 27 novembre à 15h

 Enfants

* Lecture pour les tous petits accompagnés de leurs nounous: reprise le 21 septembre

*Théâtre pour enfants et adolescents avec le theatra’overt

*Grande nouveauté: ouverture d’un atelier de lecture à voix haute (niveau CM1-CM2)

Tous les ateliers sont accessibles gratuitement, pour les adhérents.

C’est donc le bon moment pour renouveler ou créer votre adhésion 

                (10 euros par personne et par an)

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Eurochestries 2021

 
 
 
 
 
Dans la cadre des Eurochestries, le festival international des jeunes artistes et musiciens,
 La Municipalité de Thénac et l’association « l’Ecriture prend le large » 
s’associent pour vous proposer une délicieuse soirée en compagnie de jeunes musiciens espagnols, venus d’ Andalousie  
 

 Eglise de Thénac
Samedi 7 août  à 20h30
               Entrée 8 euros (gratuit jusqu’ à 12 ans) 
  Réservations possibles sur http://www.helloasso.com/…/eurochestries-charente-martime ou contact mairie au 05 46 92 63 58 ou achat des billets sur place

             Quatuor de saxophones  ALEA

                                                          Répertoire varié et accessible à tous

 

pour en savoir plus sur cette belle association des Eurochestries https://www.eurochestries.org/

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Hommage à Axel Kahn

Hommage à Axel Kahn

Axel Kahn

Le 6 juillet 2021, nous apprenions avec une grande tristesse le décès d’Axel Kahn.

En 2015, il était l’invité d’honneur du festival de Thénac. Tout a été dit sur le parcours exceptionnel de cet homme mondialement connu, chercheur, professeur de médecine, généticien et écrivain.

A Thénac, le public faisait en permanence une longue queue devant sa table de dédicaces et de nombreuses personnes n’ont pas pu entrer dans la salle comble où se déroulait un long échange avec lui. Il nous a parlé de son plaisir de traverser la France à pied, mais aussi de sa vision du monde profondément humaniste.

Axel Kahn dédicaces                                  Axel Kahn

Il était gai, charmant, totalement accessible et très heureux de participer à un festival situé dans un village.

Axel Kahn

Nous sommes tristes mais aussi fiers de l’avoir rencontré.

Merci Monsieur.Facebooktwitter

Publication de la nouvelle gagnante

La nouvelle gagnante

Le jury s’est réuni vendredi 25 juin et a choisi la nouvelle gagnante pour cette édition 2021.  .

9 nouvelles ont été les plus citées par le jury (ordre de préférence du jury) :

  • Un des Estables
  • Voyage en eau lourde
  • L’héritage de Juliette
  • VIT
  • Les enfants de l’itinérance
  • Terre promise
  • Un saxo sous la lune
  • En coulisse
  • :Départ

Mais une nouvelle est ressortie des délibérations du jury qui attribue  le premier prix à

 « De mes yeux ».

de Aurélia LESBROS domiciliée à Cabestany dans les Pyrénées-Orientales.

Bravo à notre lauréate de notre concours de nouvelles édition 2021 !!!

De mes yeux

Postée aux premières loges, je bois de mes yeux trop secs le spectacle de la rue. J’admire, contemple, me désole ; je m’enivre d’elle, de son nectar, ses travers, des exhalaisons du pavé. Je scrute les hommes, sonde les âmes, analyse leurs variations de lumière, leurs clairs-obscurs. J’observe les humiliations des uns, le vide des autres, mais je m’abreuve aussi parfois, de quelques moments de grâce. Et puis j’ai un pouvoir : je vois les gens comme personne. Ce don, c’est grâce à lui ! Il m’a appris à regarder, à saisir, à presque tout cueillir avec mes yeux…

La nuit, je ne sens pas le froid. Le matin, les odeurs de camions-poubelles ne me gênent pas. Je trouve même un air romantique à leurs visages d’ogres quand ils passent devant les abribus aux affiches tapageuses. La porte cochère où je me réfugie trop souvent malgré moi, sent l’urine et l’adultère, la violence et le mauvais vin, l’attente inexorable.

Notre position stratégique me permet d’observer les files de voitures interminables et tous ces gens pressés, par obligation ou juste par principe. Coincés dans des embouteillages aux aspects de dominos, ils transpirent l’urgence. Certains, se pensent à l’abri des regards et se grattent grossièrement des tas de parties du corps. Certaines se remaquillent déjà, alors qu’il n’est pas neuf heures. D’autres chantent faux, à contretemps, prenant le volant pour un instrument de percussion. Il y a aussi ceux qui téléphonent, ceux qui rêvassent, qui doutent, et d’autres, aux mines satisfaites, aux sourires de vie réussie.

Mon homme a l’œil franc mais fatigué, la main tremblante d’avoir trop espéré, et des jambes presque aussi raides que les miennes. Avec sa calvitie de tracas plus que de génétique, il se farde de patience, s’arme de bonne humeur, meilleur rempart à la morosité des autres. Il esquisse des sourires sincères au rythme de bottes lentes, talons pressés, petits pas de ballerines. J’ai toujours trouvé qu’une cadence sur un macadam, un choix de chaussures, en disent long sur la personnalité des gens… C’est d’ailleurs comme ça que je scanne âmes et desseins.

Pas loin de chez mon homme, il y a un vieux photomaton qui enregistre et qui comme moi, voit plus que tout ce que l’on peut imaginer : bouches grimées de conventions, doigts maquillés de promesses par un anneau devenu trop lourd, étreintes forcées. La vérité laisse toujours une trace d’elle quelque part.

J’aime vivre près de mon homme. Je le suis partout, dans chacune de nos errances. Nous avons lié nos itinéraires de vie. Notre relation est unique. Elle n’a pas besoin de mots.

Lui, est d’ailleurs bouleversant par tout ce qu’il ne dit pas. Il s’est accommodé de la solitude, l’a même apprivoisée. Sa vie singulière n’a la couleur de rien ni de personne. Moi, je suis sa paire, il est la mienne. On se suffit à l’autre. La vie ne lui a pas permis de pouvoir prendre soin de sa personne ; il n’a jamais eu l’occasion de récupérer ce que la dignité lui a ôté, alors il s’est payé le plus grand, le plus cher, le plus inestimable des luxes, dans un flacon de bohème : la liberté !

Je suis fatiguée de nos déplacements. La ville me frustre. Lui et moi, rêvons désormais campagne et clochers, places de villages, vieux alignés sur des bancs avec liseré d’enfance dans la pupille. On veut s’offrir du vert, du large, du sable picoré par un océan moutonneux. On commence à se lasser de ce champ de parapluies, des forêts de néons, de ce jardin de pots d’échappement. Nous espérons partir bientôt. La liberté peut être encore plus libre.

Chaque jour, mon homme me sublime, me rend belle et poétique pendant une heure et demi, moi qui suis pourtant petite et limitée. C’est un manipulateur digne de ce nom ! Selon la saison, face à des groupes clairsemés drapés de critiques ou aux armées de touristes tatoués de coups de soleil, il lutte, exhibe, régale. Grâce à lui, je ne commets aucun faux pas. Il me maîtrise, me contrôle. Pour lui, je me meus corps et âme, me plie au moindre désir de son imagination. Il me saupoudre de fantaisie et tel un prestidigitateur, il me prête du prestige. Après la liesse, quand tout retombe, je me repose enfin. Je cesse de m’agiter dans tous les sens. J’aime voir la lune se coucher dans son crépuscule et éteindre son sourire quand elle seule l’a décidé. Toutes les nuits, après ce spectacle si beau et naturel, je compte les moutons, les étoiles, les néons.

Ce jour-là, ou plutôt cette fin de soirée-là, j’ai scruté la foule plus que de coutume. J’ai vu des curieux, des extravagants, des attentifs. J’ai croisé des petits avec des yeux trop grands, des grands avec des cœurs trop petits. J’ai observé les couples sereins, amoureux, en baskets neuves, les femmes trompées aux bottes abîmées, les maris aigris aux chaussures mal choisies, les fatigués aux semelles usées, les fortes têtes aux talons-aiguilles sans concessions. Ça marche tout le temps et dans tous les sens ! J’ai recensé quelques grabataires que plus rien n’enthousiasme, quelques blasés que plus rien ne réchauffe ; la vie, sa banalité, son ennui. J’ai aussi entraperçu le mépris et l’indifférence. Je ne sais pas au fond ce qui me dérange le plus, car mes yeux se plissent automatiquement sous ce type de lumière.

Dans mon radar à hauteur de pieds, je n’ai pas non plus de capteurs à indécence et perversité, couleurs qui me sont inconcevables. Je n’ai pas vu l’ombre se glisser dans ma rue, notre rue. Je n’ai pas senti le relent du vice. Mon flair a failli, ma vue a baissé, en même temps que la lumière du jour. La rue ne s’était jamais mise entre nous jusqu’à lors ; et elle

n’avait jamais gâté mon pouvoir en mettant sur ma route des âmes vides aux chaussures creuses.

La nuit venue, mon homme s’est endormi tôt, presque apaisé, dans le calme d’une rue aux passants envolés. Quelques gouttes de pluie faisaient un clapotis musical, petite symphonie improvisée de claquettes et xylophone près de ma plaque d’égout. Comme souvent, mon homme n’a pas fait attention à mon bras qui traînait sur la grille, salissant ma manche. Il devait être deux heures passé.

À l’angle, j’ai aperçu un individu, grand, fin, manteau gris assorti à un visage de brouillard. Sa figure de brume s’est rapprochée, en même temps qu’une drôle d’odeur de folie. Il s’est arrêté sous notre porte. À cette heure-ci, plus personne ne donne d’argent bien sûr… Pourtant, il a bien enfoui sa main dans une large poche, prêt à dégainer quelques restes de pièces de compassion. Grand être aux cheveux noirs, regard plus froid qu’un tombeau qui semble fissuré de haut en bas par une colère gratuite. Sa démarche a la fragilité d’une quille, ses chaussures sont comme invisibles, fondues dans le pavé ; un homme sans pieds, un cœur sans horloge, une tête sans rêves.

Soudain, c’est en plein cœur que ce dernier frappe, sans ciller, avec la précision d’un mathématicien et un sadisme chirurgical, prêt à tout déchiqueter : une âme de boucher couplée à la force d’un haltérophile ! Mon bel homme endormi n’avait aucune chance… Trois coups de poignards secs, comme trois coups de bâton au théâtre, annonçant une tragédie cruelle. La mort, dans son costume sur mesure de passager clandestin, qui utilise ses passe-droits, sans scrupules, sans chercher à se justifier.

J’ai été éclaboussée d’un sang aussi vermeil que notre passion, aussi pur que le cœur de mon homme. C’était sa dernière errance. Autour de notre bulle, quelques néons cassés clignotent comme un adieu sous les projecteurs. La bruine chaude pose ses lèvres douces et humides sur la peau de mon homme… Ses gouttes de sang s’égrainent telle une clepsydre : des points de suspension à une existence en marge… Tout excès lacrymal m’étant interdit, le ciel compatissant pleure à ma place.

Nous sommes morts cette nuit-là, près d’une rose blanche abîmée, tombée d’un bouquet trop cher et sans sincérité : lui, boule de douceur et bonté, recroquevillé sur le pavé de la porte cochère, et moi, témoin, impuissant et silencieux, du crime sans mobile de mon pauvre marionnettiste.Facebooktwitter